Crise de schizophrénie mystique

Nous étions amants, nous étions bien, vraiment bien.
Nous parlions même de vie commune.
De nouveaux rêves tapissaient notre écran intérieur.

C’était la fin de journée si mes souvenirs sont bons, nous étions seul dans sa « crypte », la pièce sans fenêtre, en sous-sol, qu’utilise pour ses consultations.
Cette pièce est terriblement lourde au niveau de ses énergies, terriblement pesante….
Elle traduit vraiment ce qu’il me disait parfois en ce qui le concerne« porter le poids de la souffrance du peuple juif sur le dos »…
Des lithos de tableaux représentant, comme des fantômes, dans des souvenirs de vieux.
Des vieilles valises empilées les unes sur les autres…. comme dans les Camps…
Du bois… rien que du bois.
Il n’a jamais voulu que je mette de l’eau dans cette pièce, que ce soit en tableau ou même un vase avec une fleur, c’était comme une obsession.
Rien de vivant, rien.

... un homme parfait ...

… un homme parfait …

Tout y était immobile, irrémédiablement immobile, mort.
Chaque chose est un « souvenir », un cadeau posé là il y a parfois des années, et dont jamais la place ne se modifie.
Chaque choses, au centimètre près, toujours, immobile.

Un soir donc, nous étions là dans ce sanctuaire morbide, tous les deux.
Je me trouvais là,  dans son siège de cuir noir, et lui devant moi, debout.
Je ne me souviens plus de quoi nous parlions, mais nous étions en paix.
Brusquement, il se jette à plat ventre par terre, de tout son long, là, devant moi!
Frappant ses avants bras et ses jambes sur le sol, la pointe de ses lourdes chaussures frappant l’une après l’autre au même rythme que ses poings.
Puis il lève la tête vers le ciel, tout en frappant encore et encore le sol et il hurle plusieurs fois: « Dieu, pourquoi me veux-tu du bien? »

Je suis restée là, à le regarder, sans voix, sans la moindre réaction…. sidérée.


Sa mère lui dit: « je t’ai donné la vie mon fils donc tu dois passer toute ta vie à me payer ce don« 

C’est la fin d’un monde

 

Geneviève SCHMIT ©  Toute reproduction, même partielle est interdite sans l'accord de l'auteur
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